Dans les coulisses de…

L’IEDOM Guadeloupe, banque centrale essentielle, à la sécurité maximale

 

Incontournable de par ses missions, l’Institut d’Emission des Départements d’Outre-Mer (IEDOM) Guadeloupe reste méconnu du grand public. 

Pourtant, c’est grâce à lui que vous pouvez utiliser des pièces et billets de bonne qualité, notamment.

Située aux Abymes, dans des bâtiments imposants, cette banque centrale est hypersécurisée. Impossible d’en visiter les coulisses. Cependant Gilles Genre-Grandpierre, le directeur de l’IEDOM, et Olivier Simon, son adjoint, ont accepté de nous rencontrer dans leurs locaux pour une interview. Entretien.

 

Gilles Genre-Grandpierre : L’IEDOM est devenue une filiale de la Banque de France à 100%, le 1er janvier 2017. Auparavant, elle était entièrement détenue par l’Etat. Nous faisons donc les mêmes métiers que la Banque de France

L’Institut compte 42 agents. Le département fiduciaire, chargé de trier les pièces, est constitué de 6 personnes. 8 personnes s’occupent de la cotation des entreprises ; 7 du traitement des dossiers de surendettement et du droit au compte, 6 de l’élaboration d’études. Les autres relèvent de la gestion interne : informatique, sécurité, etc.

 

« Nous sommes les derniers à publier chaque année un rapport annuel aussi synthétique et pertinent sur la Guadeloupe. A noter que nous avons été mandatés par l’Etat pour mettre à jour le Produit Intérieur Brut de Saint-Martin et Saint-Bathélemy. Ces chiffres sont fondamentaux pour les décideurs. Or, ceux disponibles jusqu’à présent remontent à 2010. »

 

 

Caraïbes Factory : avez-vous le sentiment que les missions de l’IEDOM sont bien connues ?

G.G.-G : Ma perception est que les acteurs politiques, économiques, financiers, institutionnels – tous ceux avec lesquels nous sommes en contact régulièrement –  savent très bien qui nous sommes et ce que nous faisons. Pour le grand public, c’est un peu plus flou.

Olivier Simon : Néanmoins, les gens qui ont besoin de nos services savent nous trouver. Nous recevons 7000 personnes à notre guichet, par an.

 

Caraïbes Factory : quelles sont les principales motifs des visites  ?

G.G.-G : Nous avons 300 dossiers de surendettement chaque année, soit 3,5 fois moins qu’en métropole. En Guadeloupe, on préfère régler ses affaires en famille, on est plus hésitant à exposer ses affaires privées à une institution telle que l’IEDOM.

O.S. : Nous avons également environ 300 dossiers pour le droit au compte.

 

« La majorité des personnes viennent consulter les fichiers d’infos banques, pour connnaître les interdits bancaires par exemple. Quelques-unes viennent échanger des billets déchirés, délavés. »

 

 

Caraïbes Factory : en qui consiste, de manière plus détaillée, la mission fiduciaire de l’IEDOM  ?

O.S. : Le travail d’une banque centrale est de faire en sorte que la population ait confiance en sa monnaie. Et pour cela, il faut que celle-ci soit de bonne qualité, car cela rend plus difficile la mise en circulation de faux billets.

Tous les jours, nous recevons l’argent que les banques ont collecté la veille et nous trions les billets grâce à des machines perfectionnées. Nous ne ne remettons en circulation que ceux d’assez bonne qualité. Le reste est détruit et remplacé par des billets neufs. Chaque année, nous traitons 70 millions de billets.

 

« Nous agissons comme les grossistes des banques. Elles commandent leurs billets et nous les fournissons. »

 

Caraïbes Factory : compte tenu de ses missions, l’IEDOM est très sécurisée. Pouvez-vous nous en dire plus ?                                                                     

G.G.-G : L’Institut a un niveau de sécurité très important, certifié par le chef de la sécurité de la Banque de France. C’est un sujet de préoccupation permanente aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du bâtiment.

Par rapport à une succursale en métropole, nous avons un environnement plus favorable. La Guadeloupe étant une île, il faudrait que le braquage atteigne un niveau de sophistication important et la fuite est plus difficile qu’à Amiens ou Rennes, car on est plus vite repéré. L’IEDOM dispose d’un système de surveillance très élaboré.

 

« En matière d’éducation économique, financière, budgétaire, les Français sont très mal éduqués et formés en général. On n’apprend pas à l’école à gérer un budget. L’IEDOM a donc signé une convention de partenariat avec l’Académie de Guadeloupe, en juin 2017, pour la mise en place d’un certains nombres d’initiatives destinés aux enseignants, les meilleurs relais pour diffuser de telles informations, dans le cadre d’EDUCFI. Un tel service au public est un des objectifs importants pour le gouverneur de la Banque de France »

– Gilles Genre-Grandpierre

 

Pour obtenir plus d’informations sur les questions liées à l’argent, vous pouvez consulter le portail mis en place par la Banque de France : mesquestiondargent.fr.

Auteur de l’article : Mylène COLMAR

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