Un chantier naval à Terre de Haut aux Saintes

Alain FOY fait partie des derniers constructeurs de canots traditionnels, en Guadeloupe.

C’est à Terre-de-Haut, aux Saintes, que ce saintois au parcours atypique exprime sa passion pour le patrimoine nautique guadeloupéen.

Charpentier de marine, Alain FOY est reconnu pour son savoir-faire acquis depuis sa jeunesse. Il a baigné dans l’univers du nautisme toute sa vie. C’est auprès de son père et de ses oncles qu’il a appris à façonner le bois pour en faire de majestueuses embarcations qui filent sur l’eau.

Il faut dire que la construction navale fait partie de l’ADN des Saintois ! Dans les années 40, il existait à l’Anse Mirre un grand chantier naval où l’on construisait des bateaux en bois de 30 à 40m de long, qui permettaient la traversée de bananes entre la Guadeloupe et la Martinique, entre autres. Aux Saintes tout le monde avait des canots en bois dont il fallait s’occuper et c’est ainsi que le métier de charpentier de marine s’est inscrit dans l’âme de cette île depuis des générations.

©Alain FOY –

Vers les années 60, le chantier naval disparaît mais l’activité continue à survivre grâce à des hommes comme Alain FOY, le père, qui apporte une nouveauté en modifiant la forme ronde initiale des bateaux pour les transformer en ce que l’on appellera «  la Saintoise ».

Par la suite, une nouvelle matière est amenée sur l’île : la fibre de verre. Cette dernière permet de créer une meilleure étanchéité et facilite la réalisation des bateaux mais éloigne de la construction traditionnelle qui est le cheval de bataille d’Alain FOY.

©Alain FOY

Dès l’enfance Alain FOY est fasciné par cet univers qui mêle art, créativité et technique. Il nous raconte et dans sa voix cette passion presque palpable nous ramène dans les souvenirs de ses premières années où, en sortant de l’école, il restait des heures à contempler les pêcheurs au bord de la mer qui réparaient leur bateau.

Dans les années 80 la construction des anciens bateaux traditionnels est relancée ; jusqu’à ce que dans les années 2000, un cahier des charges soit défini par le monde de la voile afin d’uniformiser la construction de ces bateaux de compétition.

De 2004 à 2012 Alain conçoit des bateaux, de temps en temps, en parallèle de son métier principal de menuisier. C’est en 2012 qu’il en fait son activité première et obtient une renommée acquise à la force de son travail acharné pour sortir de son atelier les bateaux les plus rapides.

©Alain FOY

Ce savoir-faire, Alain aurait aimé le transmettre mais il déplore qu’aucune école n’ait été créée afin de permettre aux jeunes d’obtenir un diplôme certifié dans ce domaine en plein essor. C’est une problématique qu’il a déjà soulevé à maintes reprises, sans succès. Pourtant, il ouvre les portes de son atelier avec plaisir aux jeunes qui souhaitent exercer ce métier. Malheureusement, sans école, pas de garanti pour ces derniers de pouvoir valoriser ce qui leur est appris et pas de moyens pour Alain de bénéficier d’aides financières pour la prise en charge de ces apprentis. Une véritable problématique !

Dans son chantier naval, Alain FOY conçoit de A à Z les fameux canots traditionnels que l’on peut admirer lors des différentes régates populaires telles que le Traditour.

Découvrez en plus à travers ce joli reportage réalisé par Les Témoins d’Outremer (LTOM).

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